Tribulations d'une parisienne/eurasienne en Chine, dans la Caraïbe et ailleurs.
Vendredi 20 février
D'ordinaire, le « la » du carnaval est déjà donné. Crise sociale oblige, la grande majorité des festivités est annulée! Au 16e jour de la grève générale, mon frigo se vide petit à petit mais j'ai largement de quoi tenir encore un bon bout de temps. En revanche, mon stock de café diminue à vue d'oeil. J'ai attaqué le dernier paquet de café (250 grammes) ce matin. Après, ça sera vraiment la crise!
Bientôt, je n'aurai également plus de liquide vaisselle. C'est le M. Propre qui va y passer et tant pis pour le ménage que de toute façon je n'ai pas le temps de faire.
9h/22h en moyenne, 13h de temps passé en préfecture tous les jours pour suivre les négociations, ça ne laisse pas beaucoup de temps pour soi... contrairement aux grévistes ou à ceux qui ne peuvent pas aller bosser à cause de la grève et qui n'ont pas d'essence pour aller à la plage. J'ai des amis dont la maison rutile. Le grand ménage de printemps a déjà été fait 15 fois, ainsi que tout ce qu'on remet toujours à plus tard comme petit aménagement ménager. C'est le bon côté du conflit... si l'on peut dire.
Le bon côté du conflit c'est aussi qu'il n'y a plus d'accident de la route en ce moment. Pénurie d'essence oblige, les automobilistes lèvent le pied et roulent même comme des papis. -20 à -30% comme dirait papa. Pour rouler économique, on coupe la clim, c'est broshing fenêtres ouvertes tous les matins, on fait un peu de sous-régime et on se retrouve même à prendre les descentes au point mort. Comme dans les bus publics chinois il y a une dizaine d'années.
Les corps de métiers qui bossent encore sont peu nombreux. En gros, forces de l'ordre, pompiers, boulangers (tant qu'il reste de la farine), meneurs syndicalistes et bien entendu les journalistes...