Tribulations d'une parisienne/eurasienne en Chine, dans la Caraïbe et ailleurs.
La Martinique entre ce lundi dans son 12e jour de grève générale. En gros, plus rien ne fonctionne. Pas d'école, pas de transport en commun, pas de poste, pas (ou peu) de services publics, les mairies et autres collectivités territoriales fermées. Un service extrêmement minimum et aléatoire collecte les ordures ménagères de certains quartiers (mais pas chez moi). Et puis bien sûr, le port est bloqué et les transporteurs sont tous en grève donc aucune marchandise ne circule.
La livraison des stations services en carburant est de même complètement cacophonique et insuffisante. Avant même qu'une station ouvre, une file interminable de voiture la prend déjà d'assaut. Les gens sont prêts à faire 6h, voire plus, de queue, pour s'entendre dire une fois arrivé à la pompe que la voiture précédente a pris les dernières gouttes et que ladite pompe est vide. L'essence se vend jusqu'à 5€ le litre sur le marché noir. Un marché noir organisé par des petits voyous qui siphonnent les réservoirs des véhicules sans surveillance...
Les grandes surfaces ont été fermées de force par les grévistes au début de la grève. Tout comme de nombreux magasins et boutiques. Personne n'ose rouvrir de peur de se faire braquer ou piller ou par peur de représailles. Ca c'est l'Etat de droit!
Pour l'instant, moi ça va. J'ai encore un peu d'essence dans ma voiture, quelques provisions dans ma cuisine et un petit vendeur de fruits et légumes dans mes contacts qui me fournit quand j'ai une envie de fibres.
La grande crise sera vraiment là quand je serai en rupture de stock de café...