Tribulations d'une parisienne/eurasienne en Chine, dans la Caraïbe et ailleurs.
Depuis mercredi, les zones d'activité ont été débloquées par les grévistes. C'est-à-dire que les militants qui tenaient les barrages ont vidé les lieux. Sans rien ranger évidemment. En un mois, je n'ai même pas pris le temps de prendre les barricades en photo. Quelle naze! Les murs de palettes, de pneus et de mobilier urbain auraient vachement bien rendu en 4x3, digne du hall d'entrée de Pompidou. C'est de l'art!
N'empêche que pour dégager l'entrée principale de la zone des Mangles, il a fallu y aller au bulldozer. Les grévistes avaient carrément fixé une glissière de sécurité en travers de la route!
Une fin de grève en eau de boudin, car finalement c'est l'accord sur les salaires signé dans la nuit de mardi à mercredi qui a décidé les maîtres de la Martinique -j'ai nommé le très démocratique collectif du 5 février- à lever les barrages. Un accord dont les termes étaient déjà sur la table plus de 15 jours avant. C'est-à-dire, quasiment au début des discussions sur les salaires. Discussions qui -Dieu seul sait pourquoi- n'ont commencé à être au cœur des négociations que 15 jours après le début du conflit...
Bref! Une fois que la pénurie d'essence organisée (par les grévistes) a pris fin. Une fois que les barrages ont été levés. Une fois que le rectorat et les maires ont appelé à la réouverture des écoles... la grève est de facto terminée. D'ailleurs, il est à mentionner que les écoles, collèges et lycées rouvriront au plus tard vendredi ou lundi et que le rectorat a d'ors et déjà annoncé que les cours ne seraient pas rattrapés pendant les vacances de Pâques qui sont maintenues aux dates normales...
Il est tout de même prévu que le protocole de sortie de crise ne soit signé -normalement- que samedi après une grande manifestation festive. Liesse populaire de fin de galère ou show des syndicalistes-trotskystes-stars d'un mois-qui retomberont dans l'anonymat ensuite... Après la signature du protocole de sortie de crise et après seulement, le collectif lèvera le mot d'ordre de grève générale. Mais faut pas se leurrer, les bosseurs, vilains casseurs de grève, sont déjà au boulot pour ceux qui le peuvent.
Quand à la vraie fin du conflit, il faudra attendre au moins jusqu'au 27 mars, dernière date de rencontre du calendrier des négociations qui se poursuivent toujours.
Pour updater le post précédent, sachez que certains hypers et supermarchés ont rouvert leurs portes pendant une durée variable mercredi après-midi. Certains rayons sont quasi vides. La marchandise non encore périmée (stockée sur le port depuis 1 mois) devrait en alimenter une partie dans les prochaines heures. Mais il faudra plusieurs semaines pour revenir à un achalandage normal. Toutes les commandes ont été suspendues pendant la grève. Il faut donc que les grandes surfaces recommandent des produits. Qu'ils soient chargés sur des bateaux. Qu'ils arrivent jusqu'ici et soient débarqués et dépotés avant d'être mis en rayon...
Visiblement le port fonctionne à nouveau. Je vais pouvoir espérer récupérer un jour ma future playstation3.
Vivement la vraie fin quand même. Que la Brasserie Lorraine qui brasse la bière du même nom reprenne son activité. Selon mes sources, le grève générale était assez bien respectée dans cette entreprise à mon plus grand désarroi. C'est tout un symbole de la production locale. Une amie me rappelait récemment qu'on dit souvent qu'une région est un vrai pays dès qu'elle a une équipe de foot et une bière locale.