Tribulations d'une parisienne/eurasienne en Chine, dans la Caraïbe et ailleurs.
De mon exil lointain, je ne manque pas de me tenir informée de l'actualité de ma chère France. Salon de l'agriculture, grippe aviaire, emplois fictifs de la Mnef, prise d'otage ridicule dans ma Sarthe d'adoption, classement du Top 14, composition du XV de France...
Jusque là, rien que de très habituel. Habituelle aussi, les "grèves étudiantes", je sais de quoi je parle, ayant passé 2 ans à Tolbiac. Mais là, c'est le pompom! Ma très chère Sorbonne, occupée par des enfoirés qui feraient mieux de bosser dur et aller en cours, sortir dans les meilleurs et obtenir le job de leur rêve! Ca me révolte. Comme d'habitude il s'agit toujours d'une minorité de grévistes, souvent manipulés par des syndicats. L'Unef et son scandale de financement devrait plutôt se faire petit en ce moment. Et puis, quand on pense qu'à Paris-I, il y a près de 40 000 étudiants et que seuls quelques centaines - 300 selon Libé - défigurent la Cour d'Honneur de leur présence. Vive la représentativité!
Et que fait la police? Elle attend qu'un responsable montre qu'il a des couilles et donne l'ordre de faire cesser cette mascarade. Avant-hier le recteur des universités de Paris annoncait qu'il voulait privilégier le dialogue. Cette nuit il est enfin sorti du pays de Candie.
A 4h du matin, les forces de l'ordre ont pu, en un quart d'heure et sans heurts, disperser les étudiants irresponsables qui occupaient ma chère Sorbonne en complète illégalité. Enfin! Alors je dis bravo!
De mon exil lointain, pour me tenir informée, je surfe sur la toile. Le matin j'écoute le dernier journal de rfi.fr, l'après-midi je regarde lefigaro.fr, lemonde.fr et parfois liberation.fr. A de rares exceptions près, les grands médias français font comme toujours le jeu des détracteurs. Seul un point de vue est montré. Pourquoi ne parle-t-on pas des non-grévistes, des pro-CPE, des pétitions pour reprendre les cours, des groupes et associations (syndiqués ou non) élus aux élections universitaires qui se battent pour le droit de leurs électeurs non-grévistes d'aller en cours, pour le libre-accès au service public qu'est l'enseignement supérieur? Vive l'honnêteté journalistique, l'information équilibrée!
Le problème en France, c'est que lorsque notre beau pays a un gouvernement démocratiquement élu il est toujours contesté et n'a qu'une seule marge de manoeuvre: celle que lui laisse la pression de la rue. Ce n'est pas comme ça qu'on gouverne un pays, qu'on le fait progresser, qu'on le rend puissant. Ici à Shanghai, les conversations d'étudiants étrangers (enfin ceux qui se préoccupent de ce qui ce passe chez nous) tournent la France en dérision. Quand un gouvernement n'est pas respecté chez lui, comment peut-il être respecté sur le scène internationale? Pas étonnant que Pékin nous ait fait languir pendant des années pour le marché d'un TGV Shanghai-Pékin ou pour la construction de réacteurs nucléaires, avant de décider hier qu'ils seront construits avec une technologie 100% nationale (chinoise). On n'est plus rien. Peanuts! Pas fiable, pas stable et sans envie de travailler! Vive la France!