Branle-bas à 7h au QG de la maîtrise (chez moi). On réveille quelques guides au fur et à mesure où on passe les chercher en voiture (dans laquelle on se rendort évidemment) et à 10h30, nous arrivons à la porte numéro 2 de 大观园 (daguanyuan) ou « Grand view garden ».
A 59 km à l’ouest de Shanghai (prendre l’A9 ou la Huqingping lu), Daguanyuan est situé sur presqu’île avancée du lac Dianshan, dans le district de Qingpu. Ce lac, d’une surface totale d’environ 62 km2 (soit 12 fois la taille du lac de l’Ouest 西湖 de Hangzhou), est le plus grand lac d’eau douce alimentant Shanghai. Construit en retraçant le décor du « Rêve dans le pavillon rouge », Daguanyuan est une sorte de grand jardin touristique, bien typiquement chinois.
Notre week-end de HP commençait là en récupérant nos supers VTT (et les casques !), loués au préalable à Shanghai. Après un en-cas avalé sur le pouce et un petit café qui tombait bien à point (merci à la maman d’une guide qui l’avait préparé) nous partîmes, direction les bords du lac. Comme il est impossible de trouver une carte de type IGN (ça ne doit pas exister ici où personne ne sait lire une carte), nous sommes donc parties avec une photo satellite de google et nous allions un peu à la boussole et beaucoup à l’aveuglette. En entrant dans un village de pêcheurs, avec des hamacs étendus sous les arbres et plein de petites barques vétustes, nous tombâmes sur le lac : immense, avec quelques jetées ça et là et beaucoup de brume pour nous en cacher l’horizon.

Un pont plus tard (LE pont trop loin) nous amena sur une décharge sauvage qui nous inspira de faire demi-tour.
Nous gagnâmes donc la berge ouest de la presqu’île où passant dans un parc (assez sauvage et pourtant sans un chat) je commençais à me demander pourquoi il n’y a pas de garde-boue sur un VTT… La promenade continua vers le sud, sur des petits chemins bien boueux et très étroits le long des champs de riz et autres. Environnés de canaux et petites rivières, il nous fallu plusieurs fois faire demi-tour pour aller trouver un pont dans des petits hameaux charmants. C’est près de l’un deux que nous déjeunâmes tranquillement, à peine interrompus par quelques villageois (alors qu’à Shanghai, un groupe de Laowai 老外en uniforme scout draine les curieux par dizaines).



Encore quelques kilomètres dans la boue puis nous retrouvâmes la promenade (vide de gens) du bord du lac. Endroit idéal pour un petit topo sur les croquis panoramiques. Papier et crayon à la main, au travail ! Plus loin, notre route nous conduisit dans un village de pisciculture, jeté sur le lac comme un polder et où sur la dernière digue étaient érigés de petits kiosques aux toits chinois. Pour y accéder nous eûmes à franchir trois petits ponts de bois qui ne tenaient plus guère…
Puis l’heure avançant nous rebroussâmes chemin sur lequel Marta, l’une des cheftaines, nous rejoignit après une dure matinée de cours. Une longue pause goûter bien méritée nous fit un bien fou. Retour dans le parc d’entrée de Daguanyuan pour réaliser un relevé d’itinéraire de ses deux entrées, avant de rendre les vélos et récupérer nos sacs et tentes.
Nous montâmes le camp à la tombée de la nuit, dîner trappeur, petite veillée fort sympathique et prière du soir autour du feu clorent cette journée bien fatigante. Dimanche, nous nous levâmes tôt pour un pliage de tentes efficace, un gros et chaud petit-déj et un débarBOUEillage rapide avant de rentrer à Shanghai à temps pour la messe.
Bilan du week-end : sport au grand air (25-30km à la louche, pour la plupart sur des sentiers indignes de ce nom), peu de pluie, calme reposant de la campagne et beaux paysages, une seule crevaison, techniques des croquis pano et relevés d’itinéraires maîtrisés, bonne ambiance, fous rire et belle veillée. Merci les guides.

Notes :
1- la « HP » est la haute patrouille d’une compagnie de guides, c’est-à-dire les secondes et chefs de patrouilles et la maîtrise (les cheftaines).
2- location des vélos et casques auprès du magasin Giant (Shanghai stadium)
3- à l’aller le samedi matin 2h de voiture depuis le centre ville et 1h depuis l’école française, au retour le dimanche matin 1h seulement jusqu’au centre ville.
4- ne sachant toujours pas si le camping est autorisé (Décath –de Shanghai- vend bien des tentes mais aucun vendeur n’a pu m’expliquer où l’on peut s’en servir), nous avons campé dans les bois sans rien demander à personne et personne ne nous a rien demandé.
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