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Crazy Shanghai, c'est fini! Direction la Martinique!
Après des études à Shanghai et de nombreux articles concernant la Chine, me voici désormais dans les Antilles françaises, en Martinique.
Bonne visite.
Elise
Crazy Shanghai, c'est fini! Direction la Martinique!
Ascension de la montagne Pelée mi-septembre. Au réveil, elle était particulièrement bien dégagée. Arrivée au pied, ça allait toujours.
A mi-parcours, aussi.
Mais comme d'hab, une fois qu'on a vraiment commencé la montée, un gros nuage chargé d'eau a tout couvert. Averses, humidité du nuage, sentier et rochers très
glissants. Refuges peu accueillants mais bien pratiques pour se protéger de la pluie quelques instants.
Mention spéciale pour le 3e refuge, où l'apéro était déjà servi à notre arrivée... miam... appétissant!
Evidemment, cette petite rando s'est terminée sur un excellent resto, le 1643 à l'entrée de Saint-Pierre. Je vous recommande cette bonne table. Patronne et personnel extrêmement sympa, chaleureux
et efficace. Produits de très bonne qualité, plats réussis. Une valeur sûre.
Evidemment (bis), deux jours de courbatures ont laissé des souvenirs dans les mollets...
C
Orly, le 7 juin. Quand deux passagers s'oublient, tout un avion accuse une heure de retard. Une demi-heure pour attendre les réfractaires à la ponctualité et une demi-heure pour laisser passer l'Air force one du super président américain de retour des plages normandes. Le faire décoller d'Orly, quelle publicité pitoyable pour les infrastructures françaises!
Good morning England ou l'histoire de fumeurs alcooliques fous de pop et de rock. Un pied-de-nez divertissant aux défenseurs de la pensée unique et aux acteurs du monopole médiatique.
Plus de 85% d'abstention en Martinique. Les électeurs se contre-fichent des européennes au mode de scrutin particulièrement incompréhensible en Outremer. Digne des bureaucrates coupés de la réalité. Pourtant, et on ne le dira jamais assez, il est primordial d'élire celui qui déterminera le pourcentage de cacao d'une tablette de chocolat afin d'être commercialisable dans l'Union... Je vais peut-être m'inscrire sur les listes pour la prochaine élection. J'adore le chocolat. C'est une affaire trop sérieuse pour être laissée entre les mains de n'importe qui.
Moins de 15% des électeurs ont donc fait le déplacement jusqu'aux urnes. Aux Antilles, le scrutin avait lieu un jour avant la métropole, le samedi. Une amie instit m'a confiée que toute son école, comme beaucoup d'autres, a fermé dès la fin de la matinée de vendredi pour laisser les services de la mairie installer une urne et trois isoloirs dans une et une seule salle de classe. 150 enfants ont donc encore perdu une demi-journée d'instruction -alors que tant de jours ont déjà sauté à cause de la grève générale (ou grâce?)- pour permettre aux employés municipaux de ne pas terminer leur journée trop tard...
Vu à la télé! Le journal de la nuit de France télé (11 juin) devrait embaucher un titrier latiniste, investir dans un Gaffiot ou laisser tomber les langues mortes. Au choix. Son « statut quo » me statufie.
44% d'augmentation depuis la grève! Si c'est pas de la pwofytasyon ça! Les finances du Conseil Général étant au plus bas -comme la plupart des conseils généraux de France d'ailleurs- il fallait trouver de nouvelles recettes fiscales. Eh pan, c'est sur les fumeurs qu'on tape! Les Antilles, paradis des clopes peu chères, sont devenues un enfer pour fumeurs.
Prenons l'exemple d'un paquet de Phillip.
En janvier, il coûtait 3,60€. En février: 4,20€ et aujourd'hui 5,20€! 44% d'augmentation en pleine lutte contre la vie chère, ne serait-ce pas du foutage de gueule?
La 2e augmentation découle directement de la grève générale. Pour financer sa part des 200€ de hausse des bas salaires, le Conseil Général a promis une enveloppe de 6,3 millions d'€, qu'il n'avait évidemment pas dans ses caisses. Il fallait donc trouver l'argent ailleurs. Eh re-pan sur les fumeurs! Principe des vases communiquants. Dès qu'un politique promet de l'argent, il faut bien qu'il le prenne ailleurs!
Et on peu être perdant sur tout la ligne. Etre fumeur et ne pas être éligible à la prime des 200€! C'est la LEM.
La nuit du 4 au 5 mai a marqué la fin de la saison sèche, la fin du carême comme on l'appelle ici. 300mm d'eau sont tombés sur la Martinique en quelques heures, soit à peu près un tiers de ce qui tombe à Paris en un an! Inondations, glissements de terrain, rupture de canalisations... les pluies torrentielles, le déluge qui s'est abattu a causé d'énormes dégâts et laissé des centaines de foyers sinistrés. Au Ver-Pré, une maison à flanc de colline a glissé et s'est retrouvée sur le toît. A Rivière-Salée, un type se déplaçait en zodiac dans la plaine inondée. Au Saint-Esprit, une personne est morte dans sa maison envahie par les eaux et des tombes flottaient dans le cimetière. A Sainte-Marie, une autre personne est morte noyée dans sa voiture tombée dans un cours d'eau. Au François, des véhicules flottaient dans les rues.
En plusieurs points du réseau, des conduites d'eau ont cassé ou ont été arrachées par les glissements de terrain. Deux semaines après, près de 100 000 habitants sont toujours privés -totalement ou partiellement- d'eau courante. Plusieurs routes départementales sont encore coupées ou impraticables et des ponts ont disparu, emportés par les flots.
Depuis le 5 mai, il pleut au moins une fois par jour, parfois pendant plusieurs heures et tellement dru qu'on se croirait en plein coeur de la saison des pluies. Il est habituel qu'il pleuve au mois de mai, après le carême. C'est la « petite saison des pluies », mais là on se croirait certains jours en Asie du sud-est, en pleine mousson. Un vrai déluge.
Quand des auditeurs appellent ou laissent des messages sur le répondeur de la radio, les mots « fatalité, malédiction, retour de bâton » reviennent assez souvent. « Martinique sé pa ta yo, Martinique sé ta Bon Dié »* risque de devenir le prochain slogan.
C'est vrai que ces années-ci, rien n'est épargné à l'île aux fleurs. Le 15 août 2005, au Vénézuela, le crash d'un avion rempli de Martiniquais plonge toutes les familles dans le deuil. 17 août 2007, le passage du cyclone Dean ravage la Martinique. 29 octobre 2007, un fort séisme fait d'énorme dégats matériels. Octobre 2008, la houle cyclonique provoquée par l'ouragan Omar ravage en partie la côte Caraïbe. Et maintenant le déluge du 5 mai a sinistré la côte Atlantique et le sud de l'île. Il paraît que certaines familles ont été atteintes par toutes ces catastrophes.
* «La Martinique n'est pas à nous, la Martinique est au bon Dieu », en référence au slogan de la grève générale menée par le Collectif du 5 février pendant 38 jours: « Martinique se ta nou, Martinique se pa ta yo ». [« La Martinique c'est à nous, la Martinique n'est pas à eux » (Yo/ Eux= les profiteurs)].
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